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Buzzistwa #29 Il était une fois Grande-Rivière…

Commune du Nord de la Martinique, se situant à la pointe de l’île, Grand-Rivière tire son appellation de la grande rivière dont la rive gauche a accueilli, à la fin du XVIIe siècle, le bourg de la commune. Son tracé urbain est simple : une rue principale bordée des différents édifices publics (école, dispensaire, église, cimentière et mairie) et, à l’extrémité, l’embarcadère.

Dépendante de Basse-Pointe jusqu’en 1837, elle devient rapidement autonome en 1852, dû à son isolement et l’exiguïté de son territoire. Il faudra attendre le décret du 19 avril 1888 pour que le hameau de Grand-Rivière soit érigé en commune.

D’ailleurs, cette commune nordiste de l’île n’est pas une « terre à sucre » comme le Lamentin, au centre. En effet, on ne mentionne aucune habitation sucrerie dans la région au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Mais, vers la fin du XIXe siècle, la distillerie Beauséjour produit un rhum agricole de qualité. Toutefois, la région est propice à la production de cacao et l’habitation Malakoffen est spécialisée.

Ayant une municipalité, dont le premier maire est Théophile Anatole Rémilien, Grand-Rivière devient un grand bastion de Résistance et de Dissidence durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Effectivement, l’arrivée en 1940 de l’amiral Robert va amener un vent de changements structurels dans les entités publiques, en particulier, les municipalités.

De ce fait, en 1942, un représentant de l’amiral débarque dans la commune riveraine afin de remplacer tous les drapeaux républicains par des croix. Cette opération a eu pour conséquence des rixes entre les partisans de Robert et ses adversaires : on assiste aux débuts d’un mouvement de résistance à Grand-Rivière.

De plus, les communications étaient alors inexistantes par voie terrestre en raison de la réquisition des voitures par l’armée. S’ajoute la difficulté ou l’absence de ravitaillement consécutives à la guerre qui frappait le territoire national. Ces conséquences sont à l’origine du trafic illicite qui passait par le port de Grand-Rivière. La proximité de l’île anglaise de la Dominique facilitait d’autant plus cette contrebande, ainsi que le départ des dissidents pour la France libre.

Actuellement, Grand-Rivière est une commune à fort potentiel historique et touristique avec une histoire riche et un patrimoine écotouristique extraordinaire.

Par Melody Moutamalle de Limièkilti

Sources de l’image : https://www.zananas-martinique.com/cartes-postales/cpa-peche.htm