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Buzzistwa #19 Quand la Martinique devient française…

Nous sommes dans les années 1620, année où la France décide de coloniser les « islasinutilas », autrement dit, les Antilles.

La commission octroyée à Belain d’Esnambuc lui donnait explicitement mandat pour colonisation les îles avoisinantes. Dès 1634, le bon développement de la petite colonie française de Saint-Christophe permet d’envisager une extension de l’établissement aux terres voisines non encore occupées par des nations rivales européennes, d’autant que les Anglais ont entrepris la course à l’occupation des îles les plus proches.

D’Esnambuc monte sa propre expédition avec quelques dizaines d’anciens pionniers de l’île, embarque non seulement des vivres récoltés, mais aussi des semences, plants et boutures à cycle court (giraumon, bois-patate, fèves) ainsi que des fruits et des plants manioc. Il s’allie également avec son second Jean DU PONT, revenu de France avec une centaine de nouveaux alloués et débarque du côté du l’actuel site de Saint-Pierre, le 1er septembre 1635. Le 15 du même mois, c’est la cérémonie officielle de la prise de possession avec l’édification d’un fortin palissadé en bois du pays est monté et baptisé, Fort Saint-Pierre. Les premières habitations sont montées non loin de là.

Le corsaire français a compris qu’il fallait la paix avec les Indiens est la condition nécessaire à l’implantation de la colonie français. De ce fait, il propose, avec « intelligence », en 1636, un modus vivendi, à la suite des incidents avec les Kallinagos de l’île qui menacent de dégénérer en guerre. Cette « manière de vivres » – traduction latine du modus vivendi – un partage de l’île en deux territoires :

  • Les Français restent installés dans la partie occidentale de l’île, sur la côte caraïbe (« demeure des François ») où ils avaient déjà leurs installations, de la zone du Prêcheur à la zone du Grand-cul de Sac marin (baie du Fort-de-France actuel).
  • Tandis que la partie orientale, de la côte atlantique resterait le territoire réservé aux autochtones (« demeure des Sauvages »). L’accord prévoyait même des zones d’exploitation commune dans le sud.

Jusqu’en 1637, à l’arrivée de son neveu Jacques Dyel Du Parquet, D’Esnambuc remet une petite colonie sécurisée, forte de plusieurs d’habitations que commencent à fréquenter les navires marchands.

Par Melody Moutamalle de Limièkilti

Source de l’image :https://www.patrimoines-martinique.org/?id=50